Il pleut sur le toit de mon rêve
Glissent les gouttes, quittent les tuiles
Au bord, vers le zinc et ma tête
Tel un linge dégoulinant.
Les murs, l’herbe éclaboussés
Délivre aux pentes une lumière
Qui vient, rose, de l’horizon.
Le bruit gagne peu à peu, pareil
Aux battements du sang dans les tempes
Comme fusent les rires dans
La rue, le trottoir et mes sens.
De l’orgue des gouttières
Un chant luisant s’élève
Debout à la face du ciel.
Odeur du feu ruisselant sur les paumes,
Un peu de sauge, de verveine froisées
Le tintement des tasses, le regard du chat,
Tous ces instants ouvre une porte
Grille large donnant sur les allées
Entêtants ifs, herbes fraîches coupées
Colonnes usées d’un blanc château caché.
Dans la vasque l’œil est immobile
Et la goutte renvoie le soleil collé
A la fenêtre or et argent en fil
Dans tous les sens éparpillent la vitre.
Il pleut sur le toit de mes rêves.



