REVE

REVE

Il pleut sur le toit de mon rêve
Glissent les gouttes, quittent les tuiles
Au bord, vers le zinc et ma tête
Tel un linge dégoulinant.
Les murs, l’herbe éclaboussés
Délivre aux pentes une lumière
Qui vient, rose, de l’horizon.
Le bruit gagne peu à peu, pareil
Aux battements du sang dans les tempes
Comme fusent les rires dans
La rue, le trottoir et mes sens.
De l’orgue des gouttières
Un chant luisant s’élève
Debout à la face du ciel.
Odeur du feu ruisselant sur les paumes,
Un peu de sauge, de verveine froisées
Le tintement des tasses, le regard du chat,
Tous ces instants ouvre une porte
Grille large donnant sur les allées
Entêtants ifs, herbes fraîches coupées
Colonnes usées d’un blanc château caché.
Dans la vasque l’œil est immobile
Et la goutte renvoie le soleil collé
A la fenêtre or et argent en fil
Dans tous les sens éparpillent la vitre.
Il pleut sur le toit de mes rêves.
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# Posté le mercredi 09 février 2005 08:33

Val de creuse

Val de creuse

RIVES

Par ce jour las d’un ciel brumeux
Un étrange ballet impénétrable
Allié du monde secret grouillant
Tel un loup furtif sur les berges
Satanise à grands pas sabotant
Sous le regard des verts mammelons.
Dans les ravins du maquis qui engendre
Ajoncs, ormes et cerisiers sauvages,
Cochers de l’étrange fouettent le vide.
L’épine noire lutte et se glisse
Dans le vert halo toléré par le buis
Fixant les remous, j’abandonne le roux,
Le brun, la rouille, attiré par l’entrée
Tournoyante au-delà des tourments
D’un autre monde.
Le lièvre nargue, sorciers et follets dansent,
Dans les bruines glissant mes regards
Vers l’herbe où l’on s’égare.

BORDS DE CREUSE

Une encre brune sur l’écran de ses feuilles
Un tissu de collines aux prés glissants d’écueils
Arbres incrustés de roches aux bruyères chantantes
Voilà tendres ou mordantes sous les falaises béantes
Les courbes de l’amante, nervures nourricière,
Aux langages verts et mousse destinés aux m émoires.
Salut aux pentes abruptes de pierres résistantes
Restées vierges du soc et aussi de la faux
Epouses des rocs, sous sa peau bat le pouls
Des siècles caressés par les pluies et gelées.
Avaler la rivière, la couler dans mes veines,
Ah !Percer les secrets des visages de pierre,
Echanger les légendes des temps inhumains,
Ô cruelles muettes, je sens battre le non,
A mon humble requête, vous gardez inaudibles
Les contes et les paroles de la langue des eaux.
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# Posté le dimanche 16 janvier 2005 07:45

Extrait de "Les Cités de Verre " édité et lisible dans son intégralité sur sanesociety.org

Extrait de "Les Cités de Verre " édité et lisible dans son intégralité sur  sanesociety.org

Les cités de verre I
http://www.sanesociety.org/

Le présent ouvrage, à l’origine un manuscrit,
Découvert par hasard dans un profond wadi*,
A nécessité , trois ans de labeur pour être déchiffré.
Le premier tome sous l’habit d’un recueil de poésies,
A permis plus aisément , ici de vous livrer,
Le combat d’un homme pour son peuple soumis,
Le chemin d’un homme simple amoureux de la vie.
Quatre cent trois après le G. C.*, le sol est vitrifié .
Quelques oasis, s’étendent et l’eau maintient la Vie.
IL erre des amours perdus, à la Prophétie des cités.
Ce monde existe-t-il ? Nous ne le saurons qu’à demi.
Il reste cependant deux mains graciles gravées,
Sur des parchemins aussi durs que l’acier,
Et le récit des cités celdes*, pas encore traduit.
Puissent ces poèmes, vers la Lumière, vous éclairer
Sur le chemin des hommes et vers la Vie.

Wadi : vallée
G.C. : probablement Grand Choc ou Grand Cataclysme
puisqu’une grande partie de la Terre semble vitrifiée.
Celde : peuple des cités, réduit en esclavage par les Thorgols,
tribu à la solde du maître des Tours.
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# Posté le vendredi 14 janvier 2005 09:28

Modifié le samedi 05 février 2005 08:54

" Le vieux Léon" un récit de Noël pour enfants

" Le vieux Léon" un récit de Noël  pour enfants

A peine, avait-il terminé sa phrase qu’une énorme ombre étendit sa silhouette sur la neige, derrière la clôture.
« Un, un, un monmon monstre, bégaya mèmed, é, é, éteins la, la, lamlampe, vivivite ! »
Pierre , avec la terreur et les doigts gelés ne put que cacher la torche dans son anorak. La lampe verticale éclairait son visage. Quand mèmed se retourna, il poussa un second hurlement en se croyant cerné.
Soudain, la panique leur donna des ailes. Ils bondirent survolant presque les bosses de neiges, voltigèrent de congère en congère, sautèrent les haies sans les voir,rebondirent sur les murets et finir par enjamber le ru, après lequel, ils se sentirent plus à l’abri.
En moins de cinq minutes, les deux effrayés avaient rejoint le tilleul : un îlot précaire mais rassurant parmi les copains. Ils furent incapables de parler, le souffle coupé , les yeux exhorbités. Chacun des enfants leur donna une part de leur goûter, attendant avec impatience le récit de leur découverte. Vraiment, on aurait dit deux naufragés hirsutes épuisés par la faim et le froid qui avalaient de la nourriture pour la première fois depuis belle lurette !
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# Posté le vendredi 14 janvier 2005 09:00

Extrait de Séjour au Liban (copie protégée)

Extrait de Séjour au Liban   (copie protégée)
...les pierres encore chaudes. Un renard fait résonner son cri dans la vallée, d’autres répondent en meute. Les chiens menacent puis tout se tait. Cela me rappelle un autre soir où j’étais sorti derrière la maison, un bâton à la main voulant chasser ces voleurs du jardin: ce qui avait tordu de rire ma seconde mère du Liban car c’était l’écho qui rendait les bêtes si proches. Je ne connaissais pas encore cette montagne, Dieu seul sait si un jour je viendrais à elle. Dans l’oued, mort pour l’été, les hommes ont laissé leurs traces et l’odeur fétide sème le désordre et le doute dans nos pensées. Au loin, en bas du village, les premiers bruits humains de la nuit : une fête … un anniversaire ?
Tout se fête pour combler le vide de l’après-guerre et tard dans la nuit, pétards et feux d’artifice crèveront le ciel serein. Tout près, les moteurs démarrent et une première fenêtre s’allume. On oublie le ronflement qui dessert le haut du village en électricité en s’éloignantverslesterrassesd’oliviers.D’ici la petite chapelle sur la colline d’en face,est encore visible. A l’opposé, Saint Sarkis veille sur ses fidèles, la croix éclairée tremble comme une bougie de veille. L’oiseau de l’oued pousse son piaillement aigu , bien caché dans les chênes tordus, Nous ne l’avons pas encore identifié ; en le cherchant des yeux, j’aperçois la croix illuminée au néon sur la nouvelle église et je me dis que Dieu et le modernisme ne font pas toujours bon ménage. Une forme discrète de femme entre furtivement dans la première maison du hameau. Après le tournant, sous l’olivier géant qui plonge ses racines dans le torrent asséché, la fraîcheur tombe enfin.
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# Posté le samedi 08 janvier 2005 06:30

Modifié le vendredi 14 janvier 2005 08:47